Les Hongrois entrent en résistance

Attention, ouverture dans une nouvelle fenĂȘtre. PDFImprimerEmail

Vendredi 24 juin 2011
 
Roumanie Tensions en Transylvanie sur un projet de redécoupage territorial, le premier depuis Ceausescu

BUCAREST

DE NOTRE CORRESPONDANT
En Roumanie, certains sujets sont toujours source de tensions lorsqu’ils sont l’objet de dĂ©bats publics. Celui de la minoritĂ© hongroise en est un. Tout est parti d’une proposition du prĂ©sident roumain, Traian Basescu, sur la rĂ©organisation territoriale du pays. Des 41 dĂ©partements actuels, le chef de l’Etat n’en garderait que 8, beaucoup plus grands et plus puissants. Ce nouveau systĂšme administratif permettrait, selon lui, de rĂ©duire la bureaucratie, d’accĂ©lĂ©rer la dĂ©centralisation et de rĂ©duire la corruption.
« Nous sommes d’accord avec cette rĂ©forme. Nous pensons mĂȘme qu’elle aurait dĂ» ĂȘtre faite dĂšs la chute du rĂ©gime communiste », estime Toro Tibor, le prĂ©sident exĂ©cutif du Conseil national magyar de Transylvanie, une organisation civique de la minoritĂ© hongroise de Roumanie, qui ambitionne d’entrer en politique. « Mais il faut tenir compte des rĂ©gions historiques et non pas redessiner la carte de façon artificielle ». Dans ce nouveau dĂ©coupage administratif, l’enclave sicule – principale composante de la communautĂ© magyare –, un territoire aussi vaste que la Wallonie et majoritairement peuplĂ© de Hongrois, serait en effet intĂ©grĂ©e Ă  l’une de ces grandes rĂ©gions. Et cette perspective est loin de plaire aux Magyars de Roumanie.
La semaine derniĂšre, la branche la plus radicale des activistes hongrois a dĂ©jĂ  lancĂ© un appel Ă  « l’insoumission civile ». Le problĂšme a mĂȘme pris une ampleur internationale. Le vice-Premier ministre hongrois, Zsolt SemjĂ©n, a dĂ©clarĂ© que l’unitĂ© des Magyars de la rĂ©gion Ă©tait « une question de vie ou de mort ». En rĂ©ponse, Bucarest a aussitĂŽt dĂ©noncĂ© « une ingĂ©rence ».
Qui cédera le premier ?
Mais c’est au niveau national que cette rĂ©organisation territoriale agite le plus. Membre de la coalition au pouvoir, l’Union dĂ©mocrate magyare de Roumanie (UDMR) a annoncĂ© la couleur dĂšs le dĂ©but des hostilitĂ©s. « Nous avons l’intention de bloquer cette rĂ©forme en utilisant des moyens parlementaires et dĂ©mocratiques », a dĂ©clarĂ© son leader, Kelemen Hunor. Et sa formation possĂšde un argument de taille pour faire pression sur le Premier ministre Emil Boc. L’actuelle coalition au pouvoir possĂšde en effet une trĂšs faible majoritĂ© au Parlement. Si elle engage sa responsabilitĂ© devant les dĂ©putĂ©s, l’UDMR refusera d’apporter son soutien.
« L’Union magyare n’a aucun avantage Ă  sortir du gouvernement », estime pourtant l’analyste politique Radu Alexandru. « Son but inavouĂ© est d’obtenir l’autonomie de l’enclave sicule, elle a donc tout intĂ©rĂȘt Ă  rester dans la majoritĂ©. Et opter, en guise d’opposition, pour des moyens civiques ». C’est comme si c’était fait : Kelemen Hunor a dĂ©clarĂ© qu’il « n’excluait pas » que les Magyars sortent manifester si cette rĂ©forme n’était pas modifiĂ©e.
Cette situation rappelle de mauvais souvenirs. La derniĂšre rĂ©organisation territoriale en Roumanie a Ă©tĂ© faite par Ceausescu en 1968. A l’époque, les Hongrois de Transylvanie Ă©taient dĂ©jĂ  sortis dans la rue et avaient en partie eu gain de cause.
==================================================
CONTEXTE
Le problĂšme
La Roumanie est le pays limitrophe de la Hongrie qui compte le plus de citoyens d’origine magyare – 1,4 million de personnes. Selon le dernier recensement effectuĂ© en 2002, les trois dĂ©partements du centre du pays que sont Harghita, Covasna et Mures et qui composent l’enclave sicule comptent respectivement 85%, 74% et 39% de Hongrois.
L’enjeu
Le projet de rĂ©organisation territoriale proposĂ© par la majoritĂ© intĂ©grerait ces trois dĂ©partements dans un nouveau territoire administratif bien plus vaste. Le leader de la principale formation politique de la minoritĂ© hongroise de Roumanie s’oppose catĂ©goriquement Ă  ce modĂšle qui, d’aprĂšs lui, aura un effet de « dilution » de la communautĂ© magyare de cette rĂ©gion. Il s’est d’ailleurs alliĂ© Ă  la voix des radicaux en prĂ©voyant des manifestations.
A suivre
Le ton est montĂ© d’un cran entre Bucarest et Budapest depuis que la semaine derniĂšre, le vice-Premier ministre hongrois, Zsolt SemjĂ©n, a dĂ©clarĂ© que la Roumanie devait « assumer ses engagements internationaux de ne pas changer par la force la carte ethnique » du pays. (J. M.)
Webdesign:
Ercomp Romania
SZÉKELY NEMZETI TANÁCS - CONSILIUL NAŢIONAL SECUIESC
SZEKLER NATIONAL COUNCIL

520009 Sepsiszentgyörgy / Sfântu Gheorghe, Konsza Samu utca 21
Tel.: +40 267 318.180, e-mail: office@sznt.ro
2006 - 2008 © Minden jog fenntartva! All rights reserved! Toate drepturile rezervate!

Webhosting:
ercomp.eu